La harpe celtique

Dagda et sa lyre

La harpe est souvent perçue comme un instrument sacré. On la voie aux côtés de Saints chrétiens (Hervé, Cécile, David) et de de dieux païens (Dagda, Lug) mais aussi des héros des contes et légendes (Merlin, Tristan…)

harpe égyptienne

Les scientifiques situe son origine entre Égypte et Mésopotamie. Des marchants phéniciens l’auraient ramené par la méditerranée jusqu’aux peuples celtes. On parle plus alors de cordophones, qui n’avaient sans doute pas encore la forme d’une harpe mais plutôt celle d’une lyre.

Vers 100 av. J.-C., Diodore de Sicile écrivait: « Il y a (chez les celtes) des poètes lyriques qu’ils nomment bardes. Ces poètes accompagnent avec des instruments semblables à des lyres, leurs chants qui sont tantôt des hymnes et tantôt des satyres. »

La harpe connait son âge d’or au moyen âge, en gaélique, on l’appelle clairseach, telyn en cornique et en gallois et telenn en breton. On conserve aujourd’hui deux harpes du XVème siècle: celle dite de Brian Boru ( Trinity coleege de Dublin) et celle dite de la Reine Mary (Natinal museum of Scotland).

Queen Mary Harp

Les premières représentations de harpe en Irlande remontent au IXème siècle.

A la fin du XIIème siècle, Giraldus Cambrensis, dans sa Topographica Hiberniae, donne des informations sur la technique utilisée au XIIème siècle en Irlande. Il parle d’un style vif et très ornementé qui mettrait en valeur la mélodie.

Les harpes médiévales n’avaient qu’une 20aine de cordes (voire moins) en boyaux, ou en métal (bronze, cuivre et parfois acier).

harpe médiévale – musée de la soie à Lyon

La harpe disparait des cours bretonnes dès la fin du moyen-âge et il faut attendre le XVIIème siècle pour la voir péricliter en Irlande, pourchassée par les anglais, car elle est considérée comme un symbole nationaliste. Mais elle réapparait à la fin du XVIIIème siècle, renouveau marqué par l’organisation de concours (en 1781 à Granard et en 1792 à Belfast). ce regain d’intérêt amena les luthiers à fabriquer de nouveaux instruments. Les harpes du XIXème devinrent plus hautes et élancées que les anciens instruments irlandais. La harpe devient alors un instrument de salon sur les îles britanniques. on ne la voit réapparaitre sur le continent qu’au début de XXème siècle.

En Bretagne, dans les années 50, Alan Stivell découvre cet instrument qu’il va jouer dans des styles très variés. Citons également Myrdhin, néo-barde de Bretagne, harpiste, chanteur, pianiste et compositeur. Il crée en 1984 le concours international de harpe celtique à Dinan, devenu ensuite les rencontres internationales de harpe celtique (stage, concerts, exposition de luthiers…) au cours desquelles des harpiste du monde entier viennent s’exprimer chacun dans leur style (traditionnel, pop, rock, jazz, musique du monde…) et enseigner aux élèves du stage.

Myrdhin

L’histoire de la Saint Patrick

Nous sommes à quelques jours de la Saint Patrick, une occasion de s’habiller en vert et de boire de la bière! Mais aussi de s’intéresser à l’origine de cette célèbre fête irlandaise!

En Irlande, le 17 Mars a été déclaré jour férié en 1903, pour célébrer l’anniversaire de la mort de Maewyn Succat (385 – 461), appelé plus tard Saint Patrick, l’évangélisateur de l’Irlande. C’est aussi l’occasion d’accueillir le printemps à travers chants et danses. Cette tradition est d’ailleurs beaucoup plus ancienne, nous y reviendrons dans un prochain article.

Mythes et réalité

Comme pour beaucoup d’autres personnages historiques, l’histoire de Saint Patrick est un doux mélange entre mythes et réalité. Il aurait été enlevé par des pirates à 16 ans et vendu comme esclave à un druide irlandais qui en fit un berger. La légende raconte qu’il aurait rencontré Dieu en rêve, et qu’il se seraient échappé sur les côtes normandes afin d’étudier la théologie et devenir prêtre. Saint Germain d’Auxerre, auprès duquel il apprit, le recommandât au pape Célestin 1er, qui lui ordonne par la suite d’évangéliser l’Irlande. En 432, il retourne donc en Irlande pour accomplir sa mission auprès du roi Aengus à qui il tente d’expliquer la notion de trinité (père, fils, saint esprit) à travers l’image d’un trèfle à 3 feuilles, aujourd’hui symbole national. La légende raconte qu’il réussit à chasser tous les serpents d’Irlande en les noyant dans les flots. Il s’agit bien sûr d’une métaphore associant les reptiles aux druides païens. Cependant, depuis quelques années nous entendons reparler des druides, car oui, il en existe encore, ou à nouveau qui officient dans les belles forêts d’Irlande et d’ailleurs.